« Venise et Bragance », avril 2011

lundi 13 juin 2011
par  François, JMG
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 Présentation

Claudio Monteverdi (15 mai 1567 -29 novembre 1643).

Monteverdi est né à Crémone, où il apprit l’orgue, la viole, le chant et le contrepoint, en usage à la fin de la Renaissance. Il publie son premier Livre de Madrigaux à cinq voix à Venise, dès 1587. Il devient maître de musique puis maître de chapelle à Mantoue, où il restera jusqu’en 1613. Il y composera les Livres de Madrigaux II, de la musique religieuse et le tout nouveau genre de l’opéra. Le cinquième Livre de Madrigaux, publié en 1605, voit apparaître le « nouveau style », se dégageant du strict contrepoint et introduisant une basse continue qui marque le passage au « concertato » baroque. Il compose en 1607 sa première œuvre scénique, l’Orfeo, caractérisé par une grande intensité dramatique et par une instrumentation vivante. Pour la première fois, un compositeur indique précisément la place de chaque instrument. Avec cet opéra, Monteverdi a donné ses lettres de noblesse à un style de musique entièrement nouveau qui fut appelé le dramma per musica. Son deuxième ouvrage lyrique, « L’Arianna », conserve, dans l’unique partie qui a survécu, le Lamento Lasciatemi morire, un ton d’extrême intensité tragique. Son succès fut tel que Monteverdi en réutilisa par deux fois la musique : en 1614, dans le Vie Livre de madrigaux ; puis en 1641, dans une version latine sacrée, Pianto délia Madona.
L’œuvre sacrée la plus importante de Monteverdi, au cours de ses années à Mantoue, reste les Vêpres de la Vierge. Elle demeure un des plus importants exemples de musique religieuse, et peut être comparée à des œuvres comme le Messie de Georg Friedrich Haendel ou les Passions de Jean-Sébastien Bach. Chacune des vingt-cinq parties de l’ouvrage est développée musicalement et théâtralement, les timbres de chaque instrument étant utilisés pour accentuer l’effet dramatique et émotionnel d’une manière totalement nouvelle pour l’époque.
Monteverdi devient maître de chapelle à la basilique San Marco de Venise en 1613. Il y composera de nombreuses œuvres religieuses ; un Gloria, deux messes, ainsi que diverses pièces pour les grandes fêtes de l’année liturgique et la fête de saint Marc. Puis il devient prêtre en 1632. Il publie néanmoins les livres VI à VIII de Madrigaux, ainsi que ses Scherzi musicali in Stilo recitativo (1632). Le Livre VIII, publié en 1638, contient les madrigaux appelés Guerriers et Amoureux. Aboutissement du travail de Monteverdi dans le domaine du madrigal, le Livre VIII contient des œuvres écrites sur plus de trente ans, telles que le Lamento délia Ninfa, l’impressionnant Hor ch’el ciel, sur des poèmes de Rinuccini et de Pétrarque, et la scène dramatique II combattimento di Tancredi e Clorinda. Dans leur totalité, les huit Livres de madrigaux montrent l’immense développement de la musique polyphonique de la Renaissance et son évolution vers le style concertant et la monodie accompagnée, caractéristiques de la musique baroque.
Pendant les dernières années de sa vie, Monteverdi composa de nombreux opéras, dont ne subsistent que deux œuvres majeures, II Ritorno d’Ulisse in Patria en 1641, et l’opéra historique L’incoronazione di Poppea, considéré comme le point culminant de son œuvre, en 1642. Il contient des scènes dramatiques aussi bien que comiques, ce qui restera une caractéristique de l’opéra baroque, à l’image du théâtre élisabéthain, et des descriptions plus réalistes des personnages. Il requiert un orchestre plus réduit, donne un rôle moins prédominant au chœur et utilise, pour le rôle de Néron, une voix de castrat.
Claudio Monteverdi mourut à Venise en 1643 où il est enterré dans l’église Santa Maria Gloriosa dei Frari. Son influence fut considérable, en particulier auprès d’un compositeur comme Heinrich Schùtz qui vint travailler auprès de lui et exporta dans le monde luthérien les techniques de polychoralité, (opposition spatiale concertantes de groupes instrumentaux ou vocaux), fondées par le hollandais Adrien Willaert qui fut maître de chapelle à Saint Marc de 1527 à 1562, permises en particulier par les deux orgues de Saint Marc situées face à face).

Girolamo Frescobaldi  :
Organiste, claveciniste, chanteur et compositeur italien (Ferrare 1583 – Rome 1643).

  Le Programme

Claudio Monteverdi (1567-1643) :
Christe, adoramus te a 5
Messa da cappella a quattro voci, Kyrie, Gloria

Giovanni Picchi (1575 ?-1643) :
Passo et mezo antiche

Claudio Monteverdi  :
Domine, ne in furore tuo a 6
Messa da cappella a quattro voci, Credo
Cantate Domino a 6

Girolamo Frescobaldi (1583-1643) :
Toccata e ricercare
Fiori Musicali 1636

Claudio Monteverdi  :
Messa da cappella a quattro voci, Sanctus, Benedictus

Diogo Dias Melgâs (1638-1700) :
Salve Regina a 4

Claudio Monteverdi  :
Messa da cappella a quattro voci, Agnus Dei Adoramus te, Christe a 6

Fernando de Almeida (?-166o) :
Lamentationes Jeremiae prophetae a 8

Claudio Monteverdi  :
Cantate Domino a 6

Frédéric Rivoal, continuo.

 Textes, miettes

Christe, adoramus te et benedicimus tibi, quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum, Domine, miserere nobis.

Christ, nous t’adorons et te bénissons, car par ta croix sainte tu as racheté le monde. Seigneur, aies pitié de nous.

Domine, ne in furore tuo arguas me, neque in ira tua corripias me. Miserere mei Domine, quoniam infirmus sum, sana me Domine, quoniam conturbata sunt ossa mea. Et anima mea turbata est valde : sed tu, Domine, usquequo ?

Seigneur, ne m’accable pas dans ta fureur, Ne me châtie pas dans ta colère. Aies pitié de moi, Seigneur, car je suis sans force ; guéris-moi, Seigneur, car mes os sont ébranlés. Et mon âme est toute troublée ; mais Toi, Seigneur, jusques à quand me laisseras-tu ainsi ?

Cantate Domino canticum novum, cantate e bénédicité eius quia mirabilia fecit. Cantate et exultate et psallite, psallite in cythara et voce psalmi quia mirabilia fecit.

Chantez au Seigneur un chant nouveau, chantez et bénissez son nom, car il a fait des prodiges. Chantez avec joie, chantez sur la harpe des cantiques au Seigneur.

Salve, Regina, mater misericordiae : vita,
dulcedo, spes nostra, salve !
Ad te clamamus, exsuies filii Evae.
Ad te suspiramus, gementes et fientes
in hac lacrimarum valle.
Eia ergo, advocata nostra, illos tuos
miséricordes oculos ad nos converte.
Et Jesum, benedictum fructum ventris
tui, nobis post hoc exsilium ostende,
O clemens, o pia, o dulcis Virgo Maria.
(Antienne de la Vierge)

Nous te saluons, Reine, mère de miséricorde,
notre vie, notre joie, notre espérance, salut !
Nous, enfants d’Eve, crions vers toi du fond de
notre exil.
Nous soupirons vers toi, gémissant et pleurant
dans cette vallée de larmes.
O toi, notre avocate, tourne vers nous tes regards
miséricordieux.
Et montre-nous Jésus, le fruit béni de tes
entrailles, après l’exil de cette vie,
O tendre, ô aimante, ô douce vierge Marie.

Adoramus te, Chiste, et benedicimus tibi, quia per sanguinem tuum preciosum redemisti mundum, miserere nobis.

Nous t’adorons, Christ, et te bénissons, tu as racheté le monde par ton sang précieux. Aies pitié de nous.

Incipit lamentatio leremiae prophetae

Présentation Graham O’REILLY et déclamation Claude ALLART :

Présentations Lamentationes Jeremiae

Aleph : Quomodo sedet sola civitas pleno populo : facta est quasi vidua domina gentium : princeps provinciarum facta est sub tributo.
Beth : Plorans ploravit in nocte, non est qui consoletur eam, et lacrimae eius in maxillis eius, non est qui consoletur eam ex omnibus caris eius : omnes amici eius spreverunt eam, facti sunt ei inimici.
Ghimel : Migravit ludas propter afflictionem, et multitudinem servitutis : habitavit inter Gentes, née invenit requiem : omnes persecutores eius apprehenderunt eam inter angustias.
Daleth : Viae Sion lugent eo quod non sint qui veniant ad solemnitatem : omnes portae eius destructae : sacerdotes eius gementes, virgines eius squalidae, et ipsa oppressa amaritudine.
He. Facti sunt hostes eius in capite, inimici eius locupletati sunt : quia Dominus iocutus est super eam propter multitudinem iniquitatum eius : parvuli eius ducti sunt in captivitatem, ante faciem tribulantis.
lerusalem, convertere ad Dominum Deum tuum.

Ici commencent les Lamentations du prophète
Jérémie.
Aleph. Comment ? elle est assise, abandonnée, la cité au peuple innombrable : la voici comme veuve, la maîtresse des nations ; elle souveraine des provinces est soumise au tribut.
Beth. En pleurs, elle s’est lamentée dans la nuit, et ses larmes lui couvrent les joues, personne pour la consoler, parmi tous ceux qui l’aimaient : tous ses amis l’ont rejetée, ils sont devenus ses ennemis.
Ghimel. Terrassée, foule asservie, la tribu de Juda a été exilée, elle habite au milieu des nations, sans trouver le repos : ceux qui la poursuivaient, se sont emparé d’elle dans l’étroit défilé.
Daleth. Les routes de Sion sont en deuil : personne pour venir à la Fête, toutes ses portes sont détruites,ses prêtres se lamentent, ses fil/es déchirent leurs vêtements, et elle-même, l’amertume l’accable.
He. Voici que ses ennemis menacent sa tête, que ses adversaires sont enrichis ; c’est le Seigneur qui a prononcé, au vu de ses innombrables fautes, ses petits enfants sont menés en captivité sous l’œil de leur persécuteur.
Jérusalem, reviens au Seigneur ton Dieu



 La pochette du CD

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Face avant Rondelle Dos boîte

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