CONCERT JEAN LANGLAIS, 16 JUIN 2012, Eglise Sainte-Jeanne d’Arc de Versailles

mercredi 27 juin 2012
par  JMG
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 L’adresse

L’église se trouve à Versailles : voir googlemap

Elle est tout près de la station Versailles-Rive droite (St Lazare).

 Le Programme

Maurice DURUFLE (1902-1986) : Prélude sur l’introït de l’Epiphanie (Orgue)

Tomàs Luis da VICTORIA (1548-1611) : Ave Maria à double choeur

Jean LANGLAIS (1907-1991) : MESSE SOLENNELLE — Kyrie, Gloria

Olivier MESSIAEN (1908-1992) : Apparition de l’Eglise Eternelle (Orgue)

Tomàs Luis da VICTORIA : Regina caeli à double choeur

Tomàs Luis da VICTORIA : Gaude Maria Virgo à 5 voix
Jean LANGLAIS : L’Hymne d’Actions de Grâces : Te Deum (Orgue)

Tomàs Luis da VICTORIA : Vidi Speciosam à double choeur
Orlandus LASSUS (1532-1594) : Omnes de Saba venient à double chœur

Jean LANGLAIS : MESSE SOLENNELLE — Sanctus, Benedictus

Charles-Marie WIDOR (1844-1947) : Ave verum corpus pour 4 voix a capella

Olivier MESSIAEN : Le Banquet Céleste (orgue)

Jean LANGLAIS : Ubi caritas pour 4 voix et orgue

Jean LANGLAIS : MESSE SOLENNELLE — Agnus Dei

Sarah KIM (orgue)
Ensemble Vocal de Pontoise
Direction Graham O’REILLY

 Présentation

Ce programme est conçu autour de la Messe Solennelle de Jean Langlais, écrite pour la basilique de Sainte Clotilde en 1949. A l’origine, la messe demande l’utilisation de deux orgues - un Grand Orgue sur la tribune et un Petit Orgue d’accompagnement dans le choeur - profitant ainsi de l’architecture typique des cathédrales françaises, mais on peut la donner avec un seul orgue. Ainsi elle suit la formule perfectionnée par Louis Vierne, qui a écrit une messe similaire pour Notre Dame de Paris. Peu après sa création, elle est décrite par Bernard Gavoty (sous le pseudonyme de Clarendon) dans Le Figaro :
« Succès babylonien de Jean Langlais (...). En fondant polyphoniquement des mélodies grégoriennes ou de simples cantilènes vocales, l’auteur usait d’une très vieille formule dont les maîtres anciens nous ont laissé maints exemples. Le danger était, justement, de tomber dans le pastiche et de faire du faux Lassus ou du simili Palestrina. Langlais a su rester traditionnel tout en sauvegardant sa personnalité (...) Jean Langlais, mon confrère, auriez-vous enfin trouvé la recette de la musique religieuse, cette pierre philosophale du compositeur d’église ? En ce cas, la couronne des bienheureux vous attend. »
Maintenant il est difficile de voir (ou d’entendre) « du faux Lassus ou du simili Palestrina », peut-être car nous connaissons mieux ces grands compositeurs. Le langage musical de Langlais est tellement personnel que, malgré des gestes réguliers vers le contrepoint, il n’y a aucun doute que c’est l’aspect harmonique de l’écriture qui impose une couleur résolument moderne. On aura la chance de comparer le langage de Langlais avec celui de Lassus, ainsi que celui de Victoria, pendant ce concert.
La messe a été le fruit d’une longue réflexion Langlais disait qu’il l’avait méditée pendant 12 ans, pour l’écrire en 13 jours. Si une telle procédure n’est pas si surprenante pour un compositeur aveugle (suite à une maladie à l’âge de 2 ans), elle situe la conception de l’oeuvre pendant toutes les années de guerre, ce qui explique peut-être la hardiesse de certaines formules dans le Kyrie, l’énergie et la fougue du Gloria, la menace du début et l’éclat de la fin du Sanctus et l’urgence de la phrase « dona nobis pacem » à la fin d’un Agnus Dei exceptionnellement long. C’était aussi une période difficile pour le compositeur, qui s’est trouvé privé de la tribune de Sainte-Clotilde jusqu’en 1945, malgré les souhaits de son professeur adoré Charles Tournemire, titulaire à la Basilique jusqu’à sa mort en
1941.

L ‘Hymne d’Actions de Grâces : Te Deum est l’oeuvre pour l’orgue le plus connu de Langlais. Il est le troisième d’un triptyque intitulé Trois Paraphrases Grégoriennes, et date de 1934, sa dernière année dans la classe de composition de Paul Dukas (compositeur de l’Apprenti sorcier) au Conservatoire de Paris. Premier grand succès du compositeur, c’est maintenant un pilier du répertoire d’orgue français du 20e siècle.

Ubi caritas est la dernière oeuvre chorale du compositeur. Ecrite en 1986 à la demande d’un éditeur américain, Fred Bock, propriétaire des Editions Fitzsimons, elle a été créé par le choeur de l’Eglise de lAvent à Boston, en octobre de cette même année. Sa composition a posé beaucoup de problèmes au compositeur à cause de son accident cérébral de 1984, qui l’a rendu aphasique.Aphasie, mais pas amusie ! Car s’il n’était plus capable de lire les lettres de l’alphabet en braille, sa compréhension des signes musicaux restait intacte. Et s’il a rapidement décidé de ne plus donner de récitals par peur de trous de mémoire, sa capacité d’improviser, et donc de composer, n’a nullement souffert.

« Il composa alors, non sur le texte latin lui-même, mais sur le nombre de syllabes de chaque mot, ce qui occasionna, pour lui comme pour le transcripteur, quelques moments difficiles (...) Il réussit pourtant cet exercice périlleux avec une maîtrise si confondante que nul ne pourrait imaginer que cet Ubi caritas (...) est l’oeuvre d’un aphasique » (Ombre et Lumière, de Marie-Louise Jacquet-Langlais)

Il y a un certain nombre de parallèles entre la vie de Langlais et de celle de Maurice Duruflé, son aîné de 5 ans. Lui aussi élève et assistant de Tournemire à Sainte-Clotilde dans sa jeunesse, il est parti à Notre Dame de Paris en 1927 pour remplir la même tâche auprès de Louis Vierne. Son Prélude sur l’Introït de l’Epiphanie op. 13 fait partie du recueil Orgue et liturgie publié en 1961. Duruflé composa beaucoup mais, perfectionniste, retravailla et supprima beaucoup, donc il ne reste qu’une liste restreinte de ses oeuvres. Grand utilisateur du chant grégorien dans sa composition, son style reste plus classique que celui de Langlais, qui part de la même inspiration vers un pays plus lointain.
La musique d’église de Langlais ressemble plus à celle d’Olivier Messiaen, avec qui il partagea des cours de composition dans la classe de Paul Dukas. Ils ont en commun aussi la large place donné à la foi catholique comme source s’inspiration, et le fait de tenir une tribune à Paris (Messiaen était à l’Eglise de la Trinité pendant 61 ans), où on improvise tous les dimanches. Leurs oeuvres d’orgue prennent racine dans la grande école française dont l’histoire est presque interrompue depuis le 17e siècle. Mais celles de Messiaen sont aussi témoins de multiples influences supplémentaires la couleur, les chants d’oiseaux, les rythmes hindous venus de l’Inde antique, la métrique grecque, et surtout son unique système harmonique qu’il appelait “les modes à transposition limitée”, ce qui donne à ces oeuvres des accords reconnaissables entre tous.

Le Banquet Céleste fut composé à l’âge de 22 ans, avant même sa nomination à la Trinité. Par sa maîtrise de la répétition, par des harmonies qui tournent en boucle, cette oeuvre a l’air d’une incantation — sans doute la conception du compositeur de la Communion, qui prévoit sur terre le banquet céleste qui l’attend dans l’au-delà.

Selon Messiaen : « La musique est un perpétuel dialogue entre l’espace et le temps, entre le son et la couleur, dialogue qui aboutit à une unification : le temps est un espace, le son est une couleur, l’espace est un complexe de temps superposés, les complexes de sons existent simultanément comme complexes de couleurs. Le musicien qui pense, voit, entend, parle au moyen de ces notions fondamentales, peut dans une certaine mesure s’approcher de l’au-delà. »

Messiaen n’a jamais cessé de composer pour l’orgue, mais les quatre piliers de sa production, et les quatre pièces les plus connues, datent des années trente, sans doute grâce à l’inspiration donnée par son instrument à la Trinité, un magnifique Cavaillé-CoIl de 1869 : L‘Ascension et Apparition de l’Eglise éternelle (tous les deux en 1932), La Nativité du Seigneur (1935) et Les Corps Glorieux (1939). J’ai choisi Apparition pour ce programme parce qu’il s’agit de la seule oeuvre que j’ai eu le privilège d’entendre jouer par Jean Langlais lui-même, sur l’orgue de la cathédrale de St Paul à Londres, sans doute vers 1978. C’était pour l’inauguration d’une nouvelle disposition de l’instrument, qui permettait à certains jeux de parler directement sous le grand dôme. La forme de cette pièce (un grand crescendo, quand l‘Eglise semble sortir des nuages, menant à un tutti impressionnant, et se terminant par un lent decrescendo pendant lequel elle disparait dans l’éternité) était parfaite pour apprécier non seulement les couleurs variées de l’instrument, mais aussi leur nouvelle mise en espace.

L’Ave verum corpus de Charles-Marie Widor, pour quatre voix sans accompagnement, a été composé pour M. Horace Hawkins (un ancien élève du compositeur), directeur musical de Hurstpierpoint College dans le Sussex. Ce motet a été probablement créé par le choeur de St John’s College de Cambridge, lors d’un concert à l’Académie des Beaux-Arts (Institut de France) en juillet 1931. Il s’agit donc d’une de ses toutes dernières oeuvres.

Graham O’Reilly

 L’affiche

L’association ARCOR

  L’orgue

"L’ORGUE DE L’ÉGLISE SAINTE-JEANNE D’ARC (VERSAILLES)
Cet orgue a été construit pour le Studio 103 de la Maison de la Radio en 1964 par le facteur Erwin Muller, sous la direction artistique du grand organiste Gaston Litaize. Harmonisé pour ce studio par Adrien Maciet, il est ensuite installé par son fils Pierre Maciet sur la vaste tribune de l’église Sainte-Jeanne d’Arc de Versailles en 2008, suite à la restructuration de la Maison de la Radio. Cet orgue est composé de 40 jeux chantant sur 3 claviers et 1 pédalier. La traction est mécanique pour les claviers, électrique pour les jeux."

Source

 L’église

L’église Sainte Jeanne d’Arc

 L’architecte

"Albert-Désiré Guilbert est né en 1866 à Pontoise et décédé en 1949."

"Architecte en chef des bâtiments civils et palais nationaux, il commence sa carrière avec la construction d’églises et de monuments académiques, puis la poursuit avec des immeubles de rapport, des villas, des équipements scolaires et des logements sociaux.

On compte encore parmi ses réalisations l’église Sainte-Jeanne-d’Arc à Versailles (1924-1926)."

Tout savoir sur Albert-Désiré Guilbert

Il est aussi l’auteur de bâtiments pontoisiens connus, le dôme, la caisse d’épargne..

 Les photos de Bastien

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 Les photos de Jean-Charles et JM



 La pochette du CD

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Portfolio

Face avant Rondelle Dos boîte

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